BLISS
SEPTEMBER 3 — OCTOBER 31, 2020

SOLO SHOW OF ELLANDE JAUREGUIBERRY
EXHIBITION PRESENTED AT THE A.ROMY GALLERY

En

Ellande Jaureguiberry kneads the substance of ceramics and drawing with equal appetite. The action of her fingers on the clay or paper aims for a kneading process that works to obtain a homogeneous paste. The smoothed clay, the blurred lead, testify to a deliberately soft surface, despite the violence that can be detected there. Thus, her volumes, a little soft without being flaccid, are always pricked. The bruises are intentional. They excite the superficiality of things, whose epidermis sees its sensitivity increased tenfold by this dexterous mutilation. For the flesh would otherwise appear indolent. A delicate acupuncture systematically invigorates it. Piercings, incense sticks, untimely erasures, blades of grass, or marshmallow skewers are among the motifs of this visual bullfight, cutting through the smoothness of watercolored muscles. It massages and penetrates. To embrace A.ROMY’s domestic configuration, the artist doesn’t want to clutter things up too much. There are small things, for once. A dozen images accompany ceramics that go partly on the floor, partly on the wall. Their glazes aren’t so much about color as texture, white, opaque, matte. The slightly pastel range of the graphic compositions is enhanced by touches, with mini objects placed on top. There’s a connection to the monumental, well, no. Well, there you go. There’s a bit of everything. This thing, which, which, which. So within a work of great stability, the artist allows himself contradiction. Sophistication can go off the rails. And the suppleness of the techniques is sometimes slapped by a stuttering that balances everything. Clinical stains are thus created, to harmonize therapeutic landscapes, made of reliefs as much geographical as physiological, from valleys to mucous membranes. All of them evoke a synthetic elsewhere, an expanse of tenderness where a bliss reigns beyond wounds. A nirvana.

Fr

Ellande Jaureguiberry malaxe avec un même appétit, la substance de la céramique et celle du dessin. L’action de ses doigts sur la terre ou le papier, vise un pétrissage oeuvrant à l’obtention d’une pâte homogène. L’argile lissée, la mine estompée, témoignent d’une surface délibérément douce, malgré les violences qu’on y décèle. Ainsi ses volumes un peu mous sans être flasques, sont toujours piqués. Les meurtrissures y sont volontaires. Elles excitent la superficialité des choses, dont l’épiderme voit sa sensibilité décuplée par cette mutilation dextre. Car les chairs paraitraient sans cela, indolentes. Une délicate acuponcture vient donc systématiquement les vivifier. Piercings, bâtons d’encens, ratures intempestives, brins d’herbe ou brochettes de guimauve font partie des motifs de cette corrida visuelle, tranchant l’onctuosité de muscles aquarellés. Ça masse et ça pénètre. Pour embrasser la configuration domestique d’A.ROMY, l’artiste ne veut pas trop encombrer. Il y a de petites choses, pour une fois. Une dizaine d’images accompagnent des céramiques qui vont un peu au sol, un peu au mur. Leurs émaux ne relèvent pas tant de la couleur que de la texture, blanche, opaque, mate. La gamme légerement pastel des compositions graphiques est rehaussée par touches, de minis objets venant se poser dessus. Il existe un rapport au monumental, enfin non. Bon, voilà. Y a un peu de tout. Ce truc, qui, qui, qui. Alors au sein d’un travail d’une grande stabilité, l’artiste s’autorise la contradiction. La sophistication peut dérailler. Et la souplesse des factures se trouve, parfois, giflée par un bégaiement qui vient tout équilibrer. Des salissures cliniques sont ainsi opérées, pour harmoniser des paysages thérapeutiques, fait de reliefs autant géographiques que physiologiques, de vallons en muqueuses. Tous évoquent un ailleurs de synthèse, une étendue de tendresse où règne une béatitude au-delà des plaies. Un nirvâna.